Le Sport et son Addiction…

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L’envie de faire du sport, de se prendre en main avant d’aller sur la plage. Bouger, courir, sauter nager sont excellents pour la santé… sauf quand cela risque de devenir une véritable addiction. Un comportement plus fréquent qu’on ne le pense.

  • Comment peut-on repérer que l’on en arrive à ces excès ?

Voici les critères suivants :

–  Le dépassement du seuil de fatigue, d’ennui ou de lassitude : effet bien connu par les coureurs qui parlent tous de ce moment merveilleux où la fatigue disparaît, sensation due à la libération d’endorphines

–  L’apparition d’une forte estime de soi, provoquée justement par ces comportements de dépassement des limites, ainsi que d’une véritable addiction à l’aspect physique (regardez les bodybuildeurs, les danseuses…)

–   L’apparition d’une compulsion à pratiquer le sport : malaise si on ne peut courir, faire du vélo ou nager, irritation, agitation, pensées envahissantes s’il n’est pas possible d’aller courir, par exemple.

Les signes décrits là sont les plus simples, il y en a d’autres, mais ceux-là se rencontrent chez tous les drogués du sport. Pour tous, la répétition est le signe important. Enfin, on parle d’addiction lorsque cette pratique a des retentissements sur la vie sociale et familiale : changement complet de mode de vie, organisation de la vie quotidienne en fonction de la pratique sportive.

  • Comment expliquer ce type de comportement ?
 

Il y a plusieurs explications. L’une d’elle est le remplacement d’une addiction par une autre. C’est à dire que le problème est déplacé : d’anciens alcooliques tabagiques, ou toxicomanes, pratiquent le sport à haute dose après l’arrêt de leur toxicomanie première.

On retrouve des problèmes d’intégration psychosociale chez ces personnes, auxquelles la pratique du sport intensif  et excessif va servir d’identité et de forme d’adaptation aux « conditions difficiles de vie, au stress… ». Le sport à outrance provoque une sorte d’anesthésie de la pensée douloureuse, qu’il permet d’évacuer et d’effacer.

Les psychanalystes soulève la question d’un traumatisme qui n’a pas été résolu : un deuil, un abandon, une agression, qui entraine chez ces sportifs des pensées envahissantes, une réactivation permanente du choc. Ils tentent de calmer cet état agité, excité, par « la répétition d’une sensation perceptive et, ou, une activité motrice ». Autrement dit, la personne a recours au sport à haute dose comme à un auto-calmant.

Seulement courir, grimper, se mettre dans des situations périlleuses, ne dure qu’un temps, ce qui conduit à une répétition sans fin et même au recours aux situations de plus en plus dangereuses, comme on peut le remarquer chez certains pratiquants des sports extrêmes.

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  • Il y aurait une raison encore plus profonde…

D’après les psychanalystes, le recours aux procédés auto-calmants est une conséquence de la défaillance d’une constitution d’une défense psychique contre la détresse et de l’échec de la fonction maternelle à atténuer l’angoisse de son enfant face à sa disparition. Cette angoisse apparaît vers huit mois, au moment où l’enfant réalise que sa mère et lui sont deux personnes différentes. Si la mère est psychiquement absente, ou décédée sans que l’on est ait parlé à l’enfant, celui-ci ne peut élaborer cette non-présence. Une fois adulte, la personne a alors recours à un procédé auto-calmant, en l’occurrence le sport intensif, pour atténuer cette angoisse non résolue.

  • Est-ce qu’il y a des moyens de se sortir de cette situation, si elle entraine de conséquences négatives ?

Un travail sur soi, avec l’aide d’un professionnel est le meilleur chemin pour venir à bout de ce problème. Il faut aller à la source pour comprendre de quoi il est question et pouvoir continuer à pratiquer un sport sans en devenir  esclave. 

Il n’y a pas de traitement à proprement parler. Tout ce que l’on peut prescrire est le repos et un suivi de façon à leur faire varier leur type d’entraînement. On peut arriver à une thérapie comportementale. Il ne faut pas que les addictés soient mono-obsessionnels sur un sport. Il faut les faire basculer sur plusieurs sports. On peut conseiller à un coureur de faire du triathlon par exemple ou à un culturiste de s’essayer à la natation. À ce moment là, il va se rendre compte qu’il y a un réel soucis, le but est de l’emmener à une prise de conscience. On peut aussi renvoyer à des spécialistes des addictions. Car il peut y avoir aussi des dépendances associées à des médicaments ou autre…

 

Voir article :http://www.hopital-marmottan.fr/

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